Dans cet article, nous allons vous présenter le concept de l’Homo Ludens de Johan Huizinga et son impact pour le jeu en entreprise, ou la gamification.

Homo ludens : késako ?

Souvent, on définit l’être humain comme « Homo Sapiens » c’est-à-dire l’Homme qui pense. Or, l’humain est bien plus que cela : il est aussi « Homo Ludens » ce qui signifie que c’est un être qui joue. Ainsi, en 1938, l’historien Johan Huizinga écrit un livre intitulé Homo ludens. Essai sur la fonction sociale du jeu.

Tout l’objet de la recherche de Huizinga est alors de démontrer en quoi nous sommes des êtres qui jouent tout autant que nous sommes des êtres qui pensent ou qui travaillent (« Homo Faber »).  Il envisage le jeu comme un phénomène culturel et pas simplement dans une perspective biologique, psychologique ou anthropologique.

Johan Huizinga
Johan Huizinga (1872 -1945) est un historien néerlandais, fondateur de l’Histoire Culturelle. Ses travaux portaient avant tout sur l’histoire du Moyen Âge. Il était membre de l’Académie Royale des Sciences des Pays-Bas.

Quelques-uns de ces autres livres : L’Automne du Moyen Âge (1919), Incertitudes – Essai de diagnostic du mal dont souffre notre temps (1939).

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Le jeu, « une action libre »

Dans son livre (p. 34-35), Johan Huizinga définit le jeu « comme une action libre, sentie comme “fictive” et située en dehors de la vie courante, capable néanmoins d’absorber entièrement le joueur ; une action dénuée de tout intérêt matériel et de toute utilité ; qui s’accomplit en un temps et un espace expressément circonscrits, se déroule avec ordre selon des règles données et suscite dans la vie des relations de groupe ».

Le fait de jouer est alors montré comme un choix de la personne, et non une contrainte.

 

Le jeu est supérieur au sérieux

Dans Homo ludens. Essai sur la fonction sociale du jeu (p. 22-23), l’historien précise également que « pour notre conscience, le jeu s’oppose au sérieux. Cette antithèse demeure provisoirement aussi irréductible que la notion de jeu elle-même. Mais à la considérer de plus près, cette antithèse jeu-gravité ne nous paraît pas ni évidente, ni assurée». Un peu plus loin (p. 83), il explique que « Le concept de jeu en tant que tel est d’ordre supérieur à celui de sérieux. Car le sérieux cherche à exclure le jeu, tandis que le jeu peut fort bien inclure en lui le sérieux ».

Dans ces citations, nous pouvons voir la notion de jeu sérieux, ou serious game, naître. Le jeu n’existe pas que pour le divertisstement mais il a d’autres objectifs.

Jeu et culture

Huizinga, dans son livre (p. 15 puis p.280) explique que « Le jeu est plus ancien que la culture. […] Les animaux n’ont pas attendu l’arrivée de l’homme pour qu’il leur apprît à jouer », mais également que « La conclusion doit être : la culture, originellement, est jouée. Elle ne naît pas du jeu, comme un fruit vivant qui se sépare de la matrice, elle se déploie dans le jeu et comme jeu ».

Le jeu est ainsi considérée comme condition d’existence de la culture. 

 

Homo ludens et le pouvoir du jeu selon Collock

Depuis toujours, nous sommes convaincus que le jeu a une place importante dans la vie de tous, que ce soit dans la vie personnelle que dans celle professionnelle (voir cet article). Aujourd’hui, le jeu est également utilisé en entreprise pour répondre à des enjeux RH, de communication on événementiel.

Dans ce livre sur la gamification en entreprise, nous mettons en avant les avantages de la ludification et expliquons comment l’utiliser.