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Notre équipe a eu la chance d’assister à Gamification Europe à Berlin en décembre 2019. Ces 2 jours ont été incroyablement inspirants pour nous. Nous partageons nos principales conclusions avec vous pour vous aider à faire les bons choix pour mettre en œuvre la gamification dans votre organisation. Première étape de ce voyage: nos 10 conseils pour vous assurer que votre projet de gamification réussira, avec quelques exemples sympas de gamification, plus ou moins réussis.

[Do #1] Définissez un objectif business avec votre client

Si nous considérons la gamification comme un processus de design, la toute première étape de votre projet sera de définir un objectif business. Il peut être lié à différents sujets (marketing / RH / processus / vie quotidienne) et doit être mesurable et atteignable.

Cet objectif doit être défini et mesurable et votre équipe doit définir des KPI pour évaluer la réussite de votre projet de gamification. Voici une liste d’objectifs business potentiels que vous pourriez atteindre dans votre processus de gamification :

  • Sensibiliser à ma marque, mon idée, mon produit
  • Changer le comportement de votre utilisateur cible
  • Augmenter la productivité ou l’efficacité d’un processus
  • Engagez votre utilisateur dans votre produit / application

Jetons un œil à la récente campagne de la marque O’Tacos. L’objectif business de cette chaîne de restauration rapide était de créer un engagement avec la marque tout en se concentrant sur le produit et les multiples combinaisons que le client pouvait créer avec O’Tacos. L’objectif étant clairement défini, le processus de gamification se déroule sans problèmes avec un jeu fun où le joueur peut créer un morceau de rap basé sur tous les ingrédients disponibles chez O’Tacos.

[Don’t #1] Ne pensez pas que le simple fait d’intégrer des mécanismes de jeu rend votre système de gamification fun

Créer un projet de gamification ne le rend pas amusant en soi… Même si vous utilisez des techniques de gamification célèbres et fonctionnelles, cela ne mène pas à un succès certain. Certaines techniques comme les points, badges et les tableaux des scores peuvent même se révéler anti-productifs. Ils démotivent alors les joueurs qui ne comprennent pas forcement le sens. De même, intégrer du ludique dans un univers très codifié peut parfois être perçu négativement par le public cible.

Un bon exemple de gamification ayant échoué peut être mis en évidence sur ce point : le jeu du Marriott Hotel Farmville.

En 2013, Marriott a créé un jeu pour attirer de nouvelles recrues. Ils devaient gérer une cuisine d’un hôtel: cuisiner ou acheter des produits. Le concept pouvait sembler amusant (Overcooked a clairement démontré plus tard qu’un jeu de cuisine pouvait être amusant) mais cela n’a pas fonctionné. Principalement parce que la motivation principale pour jouer était assez extrinsèque et qu’un candidat peut ne pas vouloir que son futur emploi soit considérée comme un jeu. 

[Do #2] Définissez les comportements cibles

Une fois votre objectif commercial validé, vous devez définir le comportement que votre utilisateur doit suivre. Cela vous permettra de créer toutes les boucles d’engagement nécessaires pour atteindre votre objectif.

Le meilleur exemple est la façon dont Linkedin utilise la gamification pour augmenter la complétion des ses profils. Le joueur progresse rapidement avec des actions courtes et faciles qui le conduisent à compléter son profil. Il peut suivre son avancée à l’aide d’une barre de progression ainsi que sa montée en statut. Avec cette barre de progression simple, Linkedin a augmenté son taux de réalisation de 20%.

Autre exemple clé: le système de badge Facebook. Nous pouvons supposer que Facebook a remarqué que le taux d’engagement diminuait dans le réseau : les jeunes n’étaient pas connectés sur Facebook et les anciens utilisateurs n’apportaient pas de nouveau contenu au réseau. Ce système de badges met en évidence les personnes réellement actives sur le réseau, renforçant le comportement cible (publication de contenu sur Facebook).

[Don’t #2] N’oubliez pas de connaître votre joueur

Une étape clé de votre processus de gamification est de connaître votre joueur. Comment faire ? Vous pouvez créer des personnae, jouer et comprendre d’autres jeux que votre joueur pourrait aimer. Mais le plus important est de tester votre système gamifié autant que nécessaire sans craindre d’échouer. S’il s’agit d’un type de joueur que vous ne connaissez pas, testez-le encore plus.

Chez Collock, nous avons eu la chance de créer un jeu fun avec Orange pour les adolescents afin de les sensibiliser aux risques du numérique. Nous avons créé un jeu de super-héros décalé qui semblait leur plaire dès le début du projet. Ce qui a pris du temps et de la patience, c’est de vraiment comprendre quel genre de gameplay pouvait vraiment les ravir et quel type d’énigme et de challenge leur proposer.

Un autre bon exemple que nous avons eu la chance de découvrir à Gamification Europe était l’application de course Zombies, Run! (lien vers l’article). Adrian Hon, le créateur, a mentionné qu’il avait choisi le thème des zombies pour avoir un public fidèle qui aimerait le jeu et serait prêt à payer pour cela à défaut d’un large public (parce que les zombies ne sont pas autant consensuels que les chevaliers ou les dragons par exemple).

[Do #3] Amusez-vous à créer et à jouer à votre jeu !

Comme Kevin Werbach l’a dit dans son livre For The Win, vous devez vous amuser à créer votre système gamifié. C’est une étape indispensable pour créer une gameplay passionnant et amusant.

Le dernier projet de gamification où nous avons gardé ce principe à l’esprit était pour une grande compagnie d’assurance en France. Ce client souhaitait renforcer les liens entre différents sites avec une plateforme numérique. Nous avons proposé une expérience de machine à remonter le temps où les joueurs devaient se connecter tous les jours sur une plateforme pour résoudre une énigme en équipe. Un design cool et un récit immersif qui ont diverti l’équipe projet tout au long de la conception et les joueurs durant la vie du dispositif.

Un exemple intéressant est CityMapper où les créateurs aiment placer des surprises dans l’application renforçant le sentiment positif de la mobilité avec quelques éléments aléatoires.

[Don’t #3] Ne rendez pas votre jeu trop complexe

Un bon système gamifié doit être simple à comprendre, en particulier pendant la phase d’onboarding. N’hésitez pas à guider votre joueur dans cette phase car vous ne voulez pas le perdre. Si vous avez des éléments complexes à partager (ex: interface complexe, fonctionnalités avancées), anticipez le parcours de votre joueur et créez des jalons pour suivre sa progression sans générer trop de frustration.

Utilisez différentes techniques de jeu pour garder votre joueur engagé en lui donnant des retours rapides et positifs. Par exemple :

Chance du débutant

Soutenez la montée en compétence de votre joueur en lui offrant une récompense facile pour les premières actions du jeu.

Desert Oasis

Donnez à votre joueur une indication claire de l’action souhaitée avec un design simple avec un élément isolé sur la plateforme.

Barre de progression

Montrez une progression rapide à votre joueur pour continuer à l’impliquer.

Duolingo est un exemple classique qui offre un bon design et une intégration simple qui engage l’utilisateur dès le premier jour.

[Do #4] Testez votre jeu aussi longtemps que vous en avez besoin

La conception de jeux n’est pas une science exacte. Pour cette raison, vous devez tester votre jeu aussi longtemps que nécessaire jusqu’à ce que vous soyez sûr que votre système est amusant et fonctionnel pour votre joueur ciblé.

 

Pour Gamification Europe, Collock a développé un jeu de Networking pour créer un lien entre les participants à une conférence. Ce jeu a été personnalisé pour les experts en Gamification et il nous a fallu 4 mois et 4 tests pour trouver un gameplay fluide qui permettait aux participants de se rencontrer et de partager leur vision de la Gamification.

Pour vous assurer que votre test est pertinent, vous pouvez suivre le processus suivant:

  1. Préparez une chronologie de votre test
  2. Introduire les règles du test avec les limites de ce test
  3. Créez une expérience jouable complète (même si ce n’est pas tout le jeu). Il doit y avoir un début et une fin à l’expérience.

[Don’t #4] N’oubliez pas de mesurer l’engagement et de recueillir des retours utilisateurs

Si vous souhaitez mesurer l’efficacité de votre système gamifié, il doit être centré sur les données. Il vous permet de suivre l’engagement de votre utilisateur, de lui donner de bons retours, en soutenant sa progression dans le système. Si votre système est conçu pour collecter et utiliser de la donnée, vous pourrez déployer des mécaniques variées pour jouer sur l’engagement de votre utilisateur. Quelques exemples de différentes techniques de jeu : de jeu pour garder votre joueur engagé en lui donnant des retours rapides et positifs.

  • Badges – pour renforcer les bons comportements et récompenser votre utilisateur
  • Monitor Attachement – le joueur peut suivre ses performances grâce à un tableau de bord et commence à se sentir attaché au tableau de bord
  • Points de statut – orienter le comportement de votre utilisateur en lui donnant un renforcement positif à travers un système de points de statut (ex: Miles)
  • Autres mécaniques pertinentes : leaderboard, récompenses sociales basées sur les bons comportements, 

Khan Academy est un très bon exemple d’apprentissage gamifié qui utilise les données pour soutenir les apprenants au cours de leur expérience dans l’application.

[Do #5] Offrez une récompense à votre joueur

L’erreur de base que vous devez éviter dans un système de gamification est d’oublier de récompenser votre joueur. Plus l’action souhaitée est difficile, meilleure doit être la récompense. Il peut s’agir de récompenses simples et gratuites en utilisant des techniques de jeu comme Social Treasure (où vous obtenez une récompense précieuse d’autres joueurs) ou Easter Egg (où le joueur reçoit une récompense inattendue pour son action). 

De nombreux systèmes gamifiés offrent des récompenses, mais ces récompenses doivent être significatives pour l’utilisateur. Sinon, il se sentira dupe et vous obtiendrez l’effet inverse de celui recherché.

Concentrons-nous sur l’exemple de Zappos pour montrer à quel point une récompense significative peut être importante. Zappos a créé un système de badges / points pour améliorer un jeu de monde virtuel où l’utilisateur pouvait naviguer et découvrir les chaussures présentes sur le site. L’idée de créer un système gamifié semblait bonne, mais tout le système de récompense était trop faible et trop en décalage par rapport aux motivations des acheteurs. Cela a conduit à un désengagement. Imaginez ce qui aurait pu arriver si Zappos avait offert une récompense significative comme un coupon de 10%…

[Don’t #5] N’évitez pas les retours négatifs, c’est de l’or !

Tout au long de la conception du jeu, recueillez les commentaires de votre équipe, de votre entreprise et de vos joueurs.

Surtout vos joueurs les plus fidèles ! Un très bon exemple est la sortie récente de Mario Kart Tour (une version mobile de Mario Kart). Les graphismes et le gameplay étaient étonnamment bons pour un jeu mobile, offrant un bon fan service à la communauté Nintendo. Mais dès que le jeu est sorti, certains commentaires sont apparus sur l’App Store: “où est le mode multijoueur?”.

C’est quelque chose que les concepteurs de jeux de Mario Kart Tour auraient dû anticiper avant la sortie du jeu. Les fans de base de Mario Kart aiment ce jeu pour ses composants sociaux (vous pouvez battre vos amis et vous en vanter!). Cette version solo ne pourra donc jamais répondre à leurs attentes élevées et une oreille attentive aurait permis de prioriser ce mode pour les prochains développements (ce que Nintendo a déjà fait j’espère !)

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