Vous aussi, vous pourriez être recruté lors d’un escape game

Le Figaro s’intéresse à la méthodologie utilisée par Collock dans le recrutement : l’Escape Game de Recrutement Collock au service de l’amélioration de la “marque employeur” et de l’évaluation des “soft skills” des candidats.

Article complet publié le 27/09/2018 sur Le Figaro Online. Par .

Vous aussi, vous pourriez être recruté lors d'un escape game

Après avoir animé les week-ends en famille ou entre amis de nombreux Français, la tendance « escape game » s’invite désormais dans les processus de recrutement de certaines entreprises.

Le concept d’«Escape game», de plus en plus populaire en France, commence à gagner le cœur des DRH. On compte notamment les groupes Groupama, PwC, ou encore Caisse d’épargne sur la liste des adeptes de cette nouvelle tendance mise au service des processus de recrutement. L’ «escape game», une nouvelle forme d’entretien d’embauche, ou plutôt un complément à ce dernier, à l’allure futuriste. Le principe est simple: les candidats à un poste sont enfermés dans une pièce, et doivent réussir à s’en extirper en répondant astucieusement à diverses énigmes dans un temps imparti. Pour cela, ils doivent se serrer les coudes tout en tâchant de se démarquer et ainsi taper dans l’œil de leurs observateurs.

Une façon de cibler les «soft skills»

Dans cette situation, il est plus aisé d’analyser le véritable profil de chaque candidat, ce qui pêche parfois dans l’entretien classique, jugé plus figé, artificiel. Selon Anna Orosz, co-fondatrice de Collock, une startup dédiée à l’Escape Game en entreprise, le jeu, même si le format varie, est de manière générale «très positif pour l’aspect qualitatif du recrutement». «Il y a une prise de conscience des entreprises: elles réalisent qu’il est important d’harmoniser la méthode d’évaluation avec ce qui veut être observé», explique-t-elle. Ainsi, elles font de plus en plus appel, en complément des procédés de recrutement classiques, à des mises en situation ludiques, surtout pour cibler efficacement les ‘soft skills’», autrement dit, le savoir-être et la personnalité de leurs candidats. Et pour cause, 46% des nouvelles recrues sont licenciées dans les 18 premiers mois après leur arrivée dans une entreprise, la cause principale étant le manque de ‘qualités humaines et relationnelles’, selon une étude reconnue de l’entreprise de recherche et de conseil Leadership IQ. «Est-ce que les compétences techniques comptent réellement si un employé n’est pas enclin à progresser, s’il s’isole de ses collègues, manque d’intelligence émotionnelle et n’a pas une personnalité adéquate au poste?», s’interroge Mark Murphy, PDG de Leadership IQ.

Martine Pick Lakshmanan, présidente et fondatrice de l’entreprise Happy Hour Escape Game spécialisée dans l’«escape game» pour les particuliers et les professionnels, explique aussi cette ruée vers les ‘soft skills’ par «l’obsolescence grandissante» des savoir-faire. Selon l’OCDE, la durée de vie du savoir-faire sera en effet de seulement un an d’ici 2025. C’est pourquoi «les DRH ont soif de nouveaux outils capables de répondre aux besoins naissants, en l’occurrence, détecter le savoir-être et l’adaptabilité des candidats», capables de compenser ce déclin de savoir-faire. Selon elle, l’«escape game» est «véritablement un outil puissant», «il permet de voir agir et interagir les candidats». Il révèle sans aucun filtre à la fois esprit critique, capacité de leadership, d’adaptation, gestion du stress, du temps, de l’espace, sens du travail en équipe et empathie. L’entreprise Happy Hour Escape Game a connu en 8 mois une réelle multiplication de sa demande et travaille aujourd’hui avec un panel très varié d’entreprises. La mode «escape game» gagnerait même les groupes du CAC40! Il est vrai que cette méthode est aussi un moyen pour les entreprises de redorer l’image de leur marque employeur en se montrant innovant et ouvert. Une tendance que confirmée par Groupama qui explique que pour être attractif «il faut suivre l’air du temps».

Pôle emploi, lui aussi, a pour projet de développer l’usage de cette méthode, notamment pour les offres d’emploi rencontrant des difficultés de recrutement et dans les secteurs en tension. Selon le service public, il est nécessaire «d’accompagner certaines entreprises à changer de paradigme, et à cibler les habilités et savoir-être des candidats indépendamment de leur parcours et de leurs expériences professionnelles». Anna Orosz, co-fondatrice de Collock, précise que ce nouveau concept est très adapté aux postes juniors, et qu’il est plus prisé dans les secteurs de l’audit financier, de la banque et du conseil.

Un mode de recrutement qui met tout le monde d’accord

De plus en plus utilisée par les DRH, cette méthode est-elle pour autant appréciée des candidats? Selon Anna Orosz, ces derniers, au départ surpris, se détendent très vite car «l’atmosphère est très bienveillante». Ils déclarent même souvent avoir oublié qu’ils étaient observés au fil du jeu, ce que confirme le témoignage d’une candidate à un poste d’auditrice chez PwC, qui dit voir en «l’escape game» une réelle valeur ajoutée au recrutement. De plus, la spontanéité de l’expérience est perçue comme une façon de gommer les inégalités, notamment liées à la qualité de préparation des candidats.

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